Mauro Alpi & Caroline Durant de La Galerie du Lundi

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Lo Moulis nous offre son travail de gravure, d’effacement, de traces de mots, traces d’images et de photographies.
Elle vous présente son univers en ces mots :
 
 

 

Une recherche entre l’image et le mot

entendre et explorer les paradoxes.

Je glane le banal l’imprévu avec un appareil toujours en poche

Le quotidien, avec une préférence pour le furtif, le fragment et ce qu’il cache d’incertitude, de silence. Le résidu ou le hors champ, qui cède place au rêvé …

Photographe de l’air, de l’effondrement, des jours de pluie.

Une image prise dans la hâte, près de la négligence

Je graphie

Le mot gribouillé déformé jeté posé oblitéré, parfois en filigrane

Dans la rature, conjonction du trait premier et de ce qui l’efface.

J’ensevelis, recouvre la trace, un effacement

L’invisible dans un linceul

Dans l’atelier entre labeur et errance, la rigueur du geste et la dérive

Ici traînent les collants qui sèchent, les pinceaux, l’encre sur la peau le tissu usé, déchiré, les pigments les éponges les bacs de chimie la plaque de zinc, que j’ai triturée, creusée, Le papier sous le ventilateur ou la presse, les pointes, un robinet, les griffoirs, les cheveux poussières détritus fibres ou reliques … 

Je trempe, lave, et puis vient le temps des passages, de la découverte 

Les mêmes gestes encore …

Frotter, dissimuler, gratter, épingler, crayonner, suspendre, imprimer, révéler

lutter avec la matière, le temps … et laisser venir 

lambiner, ramasser des fils, hésiter, attendre, dépouiller

Et puis les procédés, les règles, techniques, et recettes qu’on applique

Je suis fascinée par le processus alchimique de transformation, d’exposition, d’apparition

le bain d’acide qui frémit, digère le métal, la lumière qui révèle … 

Là, dans l’atelier, omniprésente, est l’empreinte : trace du passage, d’une existence 

Le vestige, stigmate de ce qui n’est plus, mémoire d’un monde disparu. 

Tramer un épiderme … retrouver, peut-être, une origine

J’écris dans des carnets, sur des bouts de papier. 

Un travail de dépeçage. Aller vers l’ombre… les ossements

Raboter, qu’il ne reste, presque, que la perte, la disparition la chute, l’intense

la parole silencieuse qui sonde la part obscure de soi, la fragilité du monde

Mon travail explore ce qui disparaît, arpente les espaces flous, l’irrésolu, l’inachevé les lisières les copeaux, l’écume, la suspension

Issu de tout ce qui vient pendant l’errance, la rêverie l’attente ou l’ennui, s’attarde sur les choses sans importance, et le ciel 

Régis Nivelle parle d’un « hommage aux marges ou aux friches. »

Je fais mon nid dans la lenteur du monde.

 

Lo Moulis réside et travaille à Nice.

Art & psychothérapeute, un parcours entre expression artistique et relation humaine, deux espaces fondamentalement liés, tous deux sources d’une grande joie.

Sa passion pour le papier lui permet d’explorer certaines techniques de l’estampe. Monotype, gravure, photogravure, et les procédés photo alternatifs anciens qui ouvrent un champ pictorialiste à l’image numérique première. Une entrée en «matière».

Elle a exposé ses eaux fortes, notamment à St Louis du Sénégal et collaboré avec les éditions Tarmac.

Elle pratique la photographie, la vidéo, elle écrit aussi, dans ses carnets , parfois dans des revues littéraires, des anthologies – Le Festival Permanent des Mots, Les Impromptus, les Éditions de l’Aigrette